A propos de l'Islande (1)

Un peu de géographie...

 

Géologie


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Système volcanique de l'Islande 

 


L'Islande est située au milieu de l'Atlantique sur la dorsale médio-océanique entre l'Europe et l'Amérique. Ainsi, d'un point de vue de la tectonique des plaques, la partie nord-ouest de l'Islande est sur la plaque américaine et la partie sud-est est sur la plaque eurasiatique.


De plus, un point chaud se situerait juste en dessous de l'Islande, plus précisément sous le massif du Vatnajökull. Cette situation unique engendre sur l'île une importante activité et volcanique et géothermale, située principalement le long de ce graben, là où le magma est le plus près de la surface.


Les manifestations à la surface de cette intense activité volcanique sont nombreuses : de nombreux volcans et failles éruptives sont situés sur l'île, dont environ 130 actifs, et de nombreux phénomènes paravolcaniques comme les solfatares et les sources thermales, dont les geysers (ce mot étant lui-même d'origine islandaise).

icon_biggrin.gifL'abondance d'une telle énergie géothermique fait que la plupart des habitants ont accès à l'eau chaude et au chauffage domestique pour des prix très modiques.

220px-Strokkur, Iceland


  Depuis l'ère tertiaire, cette île de 103 000 km2 ne cesse de se transformer à cause de l'activité volcanique permanente ; ses contours sont donc en évolution relativement rapide (à l'échelle des temps géologiques).

Le volcan Eyjafjöll est entré en éruption le 15 avril 2010, provoquant l'arrêt des lignes aériennes dans le nord de l'Europe durant plusieurs jours! La nature sait se rappeler à nous!

800px-Eyjafjallajokull_major_eruption_20100510.jpg

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Topographie et hydrologie

             

739px-Map of Iceland highlands-fr.svg 

Carte physique de l'Islande.

 


L'Islande possède un relief assez important. Le centre de l'île (les hautes terres d'Islande) constitue un vaste plateau d'altitude supérieure à 500 m, et les côtes sont souvent montagneuses, découpées de fjords (en particulier la région des fjords de l'ouest et l'Austurland). Le point culminant de l'île est le volcan Hvannadalshnúkur, au sud-est, avec 2 109,6 m.

 


Environ 10 % de l'île est recouverte de glaciers. Il y a quatre glaciers importants : le Vatnajökull, le Hofsjökull, le Langjökull et le Mýrdalsjökull. Ces glaciers alimentent plusieurs grandes rivières glaciaires (d'où le nom Jökulsá de plusieurs d'entre elles) dont la Þjórsá est la plus longue (230 km) et l'Ölfusá la plus importante en termes de débit (423 m3⋅s-1). Ces rivières offrent une source importante d'électricité, utilisée principalement par l'industrie.

Ces caractéristiques géographiques exceptionnelles ont permis à l'île de développer un tourisme en plein essor, également pour observer les aurores boréales.

 

Climat

L'Islande possède un climat océanique tempéré, soumis à l'influence des vents froids polaires. Grâce au Gulf Stream, ses côtes sud et ouest bénéficient d'une température bien plus clémente en hiver que New York. Les températures ne s'éloignent jamais beaucoup de 0 °C (5 °C en moyenne annuelle à Reykjavik, 3,8 °C à Akureyri). Les précipitations varient du nord au sud. Akureyri, au nord, a un total inférieur à 500 mm, alors qu'au sud certaines stations atteintes de plein fouet par les tempêtes océaniques ont un total pluviométrique annuel qui peut dépasser 2 000 mm.

L'île est presque totalement située au sud du cercle arctique et connaît donc une alternance jour/nuit toute l'année, même si la durée de clarté du jour est très courte en hiver, et les nuits sont très courtes en été. Seule la petite île de Grímsey, qui constitue le lieu habité le plus septentrional d'Islande, est traversée par le cercle polaire arctique.

 

Quelques données graphiques : températures, précipitations, ensoleillement

Températures en Islande

Il ne fait pas si chaud en Islande... mais pas si froid non plus. Aux mois de juillet et août, les plus chauds de l'année, elles se situent entre 8 et 14°C.

Elles permettent à la quasi-totalité des pistes au centre de l'île d'être ouverte durant l'été, alors qu'en hiver, il est même difficile, voire impossible, de faire le tour de l'île, tant la neige est abondante!

 

Islande pluviométrie
Le début de l'été est la période de l'année la moins pluvieuse, tandis que l'automne et l'hiver sont les saisons les plus humides. Le cumul de précipitations annuelles en Islande est environ 30% supérieur à celui mesuré en France.
Islande ensoleillement
Les mois de juin et juillet sont les plus ensoleillés, en particulier le mois de juillet au cours duquel les 3h de "nuit" sont si claires que l'on peut lire tranquillement son journal sans même l'aide d'une lampe... Contrairement aux mois de janvier et décembre où l'on compte à peine plus de 4h de soleil!
Mois
01
02
03
04
05
06
07
08
09
10
11
12
Lever soleil
11h19
9h55
8h21
6h42
4h39
2h54
3h07
4h50
6h16
7h57
9h24
10h51
Coucher soleil
15h45
17h30
18h59
20h23
22h12
00h05
23h55
22h15
20h36
18h32
16h58
15h44

 

La Flore 

Plus de la moitié du territoire islandais est dépourvue de végétation terrestre ou juste colonisée par de rares plantes dispersées.

Après avoir décompté les quelques étendues d'eau : lacs, rivières et lagunes, qui couvrent environ 2 % de la surface du pays, c'est donc un désert qui occupe principalement le plateau central et les chaînes montagneuses et qui est composé de glaciers (environ 10 % du territoire islandais), d'étendues de roches volcaniques nues (environ 23 %), de terrains à végétation très éparse (environ 13 %) et de sables (environ 3 %).

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Le plateau central islandais est le plus souvent nu ou juste parsemé de quelques plantes rabougries.

 

 

La périphérie de l'île est plus verdoyante, avec majoritairement de nos jours des paysages de toundra.

Ce ne fut pas toujours le cas car les Vikings au IXe siècle découvrirent une île couverte à plus du quart de sa superficie par des forêts ou des buissons de bouleaux pubescents. Les défrichements agricoles, l'exploitation du bois pour la construction ou comme combustible et le pâturage des moutons ont fait disparaître ces boisements naturels qui ne couvrent plus aujourd'hui que 1,1 % de la surface de l'île (0,2% de forêts et 0,9% de buissons).


 800px-Forest habitat in IcelandDe maigres forêts et fruticées de bouleaux pubescents

 

icon_biggrin.gifCependant depuis un peu plus d'un siècle, également pour lutter contre les phénomènes d'érosion, l'Islande a développé une politique de conservation, et également d'afforestation en plantant diverses espèces exotiques. La plus importante forêt issue de cet effort, est celle de Hallormsstadarskogur, près de Egilsstadir, créée à partir de 1903 dans l'est de l'île. Ces forêts se sont avérées de très bons puits de carbone, du fait de la pauvreté initiale en carbone du sol.

 

Les principales formations végétales actuelles sont alors des landes rases qui s'étendent sur environ 35 % de l'Islande et qui peuvent être constituées soit de sous-arbrisseaux dont notamment la camarine noire (Empetrum nigrum), la callune (Calluna vulgaris), la myrtille des marais (Vaccinium uliginosum)…, soit simplement de tapis de mousses ou de lichens parsemés ici ou là de quelques touffes de petites plantes vasculaires. Les autres habitats sont des tourbières et marécages (environ 7 %), des prairies naturelles (environ 3 %), et des terres agricoles (environ 2,5 %) essentiellement représentées par des pâtures et prairies de fauche4.

 

800px-Iceland trail

Les landes rases riches en éricacées (camarine, callune, myrtille, …) constituent le principal type de couverture végétale continue.

 

 600px-Auf dem Lavafeld Dimmuborgir 6061

 

La Dryade à huit pétales (Dryas octopetala), Holtasóley en islandais, la fleur nationale du pays, que l'on trouve également en Arctique, dans les Alpes et autres montagnes d'Europe, est l'une des premières colonisatrices des terres libérées par les glaciers ou des champs de lave refroidis.


 

La flore terrestre indigène et naturalisée d'Islande comprend 470 espèces de plantes vasculaires et environ 500 espèces de mousses et apparentées. Un tiers des espèces de plantes vasculaires sont caractéristiques de la flore arctico-alpine, et sont incluses dans un ensemble de type boréal qui représente plus de la moitié de la flore. Les autres espèces, à distribution plus large et plus tempérée, sont surtout des graminées et des plantes du littoral ou des milieux d'eau douce.

Il n'existerait qu'une seule espèce incontestablement endémique, une euphraise : Euphrasia calida. D'un point de vue botanique, l'Islande se trouve aussi au croisement des influences américaine et européenne, mais avec une prédominance nette de la part européenne. 

  800px-Dwarf fireweed (Chamerion latifolium)

 L'Épilobe à feuilles larges (Chamerion latifolium), qui peut former en floraison de remarquables étendues roses près des rivières est une l'une des rares espèces communes à la flore américaine et à la flore islandaise qui sont absentes du reste de l'Europe.

 

 


L'importance des espèces boréales parmi les plantes islandaises est un héritage de la flore de la dernière glaciation. Cette flore froide s'est maintenue à cause de l'isolement de l'île, malgré un climat aujourd'hui plus doux qui permettrait d'exprimer une végétation de type plus tempéré.

 

  De nombreuses espèces exotiques ont d'ailleurs été introduites par les humains, pour l'agrément des jardins ou pour d'autres raisons et certaines peuvent devenir envahissantes au détriment de la flore indigène.

  Le cas le plus marquant est sans doute celui du lupin bleu d'Alaska (Lupinus nootkatensis) qui peut former de véritables tapis monospécifiques, qui s'est avéré très intéressant pour fixer des sols érodés et reconstituer leur fertilité mais qui constitue une menace d'étouffement des plantes locales.

800px-Reyðarfjörður, Alaska-Lupine (Lupinus nootkatensis

Contrairement à ce que pourrait laisser penser leur vitalité, les lupins ne sont pas des fleurs typiques d'Islande mais ont été introduits depuis la côte pacifique de l'Amérique du Nord.


La Faune 

Vulpes lagopus

Du fait de son isolement insulaire, l'Islande possède peu d'espèces animales terrestres indigènes : aucun reptile ni amphibien, un seul mammifère, des insectes en nombre limité,… Les populations d'animaux marins, notamment les oiseaux, sont en revanche bien représentées.


Le seul mammifère terrestre qui était présent en Islande avant l'arrivée des colons est le renard polaire (Alopex lagopus), probablement arrivé lors d'une ère glacière en marchant sur la mer gelée.

Malgré une longue tradition de chasse intensive, censée empêcher la prédation sur les agneaux et sur les colonies d'eiders (Somateria mollissima) exploitées pour leur duvet, les populations de renards polaires ont toujours réussi à se reconstituer rapidement après des baisses importantes d'effectifs comme celle commencée dans les années 50 jusqu'à la fin des années 70où l'on estime qu'il n'étaient plus qu'environ un millier en hiver.

Leur population actuelle pour l'ensemble du pays est évaluée à environ 8 000[réf. nécessaire]. Il est de nos jours toujours chassé, mais protégé dans certaines réserves comme celle de Hornstrandir où les touristes peuvent l'observer.

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Renard polaire, perdant sa dernière toison d'hiver


Quelques ours polaires venant du Groenland s'échouent parfois sur l'île après avoir dérivé sur des morceaux de banquise.

 

Les autres mammifères indigènes de l'île sont marins. On trouve ainsi des phoques et de nombreuses baleines près des côtes islandaises. Ces dernières ont donné leur nom à certains lieux, tels que le Hvalfjörður (signifiant fjord des baleines), et la ville de Húsavík a connu un important développement touristique centré sur l'observation des cétacés. La baleine fait l'objet d'une chasse très controversée.

         Cependant, les colons vikings ont introduit sur l'île plusieurs espèces, involontairement dans leur navires, comme les rats et les souris, ou volontairement pour l'agriculture, comme les moutons, les vaches, les chevaux.

Ces fameux chevaux islandais, aujourd'hui au nombre d'environ 50 000 sur l'île, ont la particularité d'être exclusivement issus de groupes importés avant la fin du Xe siècle et d'avoir conservé des caractères ancestraux. Ils sont petits (entre 1,30 m et 1,40 m au garrot), et très résistants ; ils ont été, des siècles durant, le seul moyen intérieur de transport et de locomotion.

626px-Icelandic ponies

Les chevaux islandais présentent des robes de couleurs variées.

 

800px-Fjarrekstur vid Gaukshofda

Les moutons islandais ont assuré la subsistance et l'habillement des habitants mais ont contribué fortement à la dégradation des sols et de la végétation.

 

 

L'Islande héberge de grandes populations d'oiseaux, en particulier marins. La falaise de Látrabjarg, par exemple, est considérée comme la plus grande falaise à oiseaux de l'Atlantique nord, où se trouve entre autres, la plus importante colonie de Petit pingouin (Alca torda) au monde.

 


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Le Petit pingouin.

 

Après avoir failli disparaître voilà un siècle, prélevés avec excès pour être consommés tout comme leurs œufs, les macareux moines (Fratercula arctica), parents des pingouins, sont aujourd'hui plusieurs millions, en grande partie dans les îles Vestmann.


 Macareux moine (Fratercula arctica)


On trouve aussi plusieurs espèces d'oiseaux d'eau douce, abondantes par exemple dans la réserve naturelle de Mývatn-Laxá.


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